Activités 2017

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Mai 17 : le scandale agricole

Deux livres complémentaires :

le premier sur les conséquences de l’agriculture moderne

Le second autour des solutions à venir … Deux mondes !

LETTRE À UN PAYSAN SUR LE VASTE MERDIER

QU’EST DEVENUE L’AGRICULTURE

Par Fabrice NICOLINO     Éd: Les Échappés
Patrick aime citer cette phrase de Michel SERRES :

 «  le plus grand événement du 20ème siècle reste sans conteste la disparition de l’agriculture comme activité pilote de la vie humaine et des cultures singulières. »

...et cette phrase citée par Cyril DION , auteur avec Mélanie LAURENT du film « Demain », lorsqu'il rencontre un rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation :
« 75% de ce qui permet de nourrir l'humanité 
vient de petites fermes de moins de 2 ha. »

A travers cette histoire d’un siècle d’agriculture racontée par Fabrice NICOLINO,
il y a deux manières d’appréhender le « boire, manger, dormir, relationner »,

– Vivre en créant ses propres ressources,

– Voir « GRAND » en détruisant  les sols, l’eau, les ressources du vivant et l’humain.

L’auteur nous raconte à travers une lettre, l’histoire de 1914 à aujourd’hui : le bilan de la guerre de 1914, la collusion depuis 1945 entre l’État, le ministère de l’Agriculture, la recherche : INRA, les Chambres d’Agriculture, les formations agricoles, la FNSEA, et l’industrie chimique …

Deux visages m’ont marquée dans cette lettre :

« Celui de la recherche humble, quotidienne, de la mesure et de la coopération »
d’André POCHON .

La station de Quimper de l’INRA a testé les découvertes culturales d’André
dès la fin des années 50 : la « méthode POCHON ».

Une de ses grandes trouvailles consiste à planter ses prairies avec un assemblage d’herbe ray-grass et de trèfle blanc. Le trèfle blanc est, dans ces conditions, un incroyable fertilisant qui permet d’entretenir des prairies abondantes .

En 1954, sur 8 ha il élève 12 vaches et des porcs qu’il vend localement, et cultive sur place un peu d’orge et des betteraves .

En cette année 2014, sa fille et son gendre ont repris la ferme ;

André boit toujours l’eau qui coule sous ses champs !

L’autre visage est celui de Xavier BEULIN, décédé récemment, président de la FNSEA depuis 2010. La Fédération Nationale des Syndicats des Exploitants Agricoles , née en 1946 , vient de fêter ses 70 ans d’existence à Laval.

( voir « Ouest-France » du mercredi 30 mars 2016 page 5 : article d’une page très intéressant sur la FNSEA avec des chiffres explicites sur les revenus de ce syndicat et sur son historique ).

Xavier Beulin possède 500 ha avec blé, colza, tournesol, maïs et orge. Il est né en 1958. Il est responsable de SOFIPROTÉOL qui emploie 8.500 personnes pour un chiffre d’affaires de 7,3 milliards d’euros en 2012. Le cœur du métier c’est l’huile avec rachat de LESIEUR en 2013 et dès 1990, dépôt de la marque de biodiesel DIESTER ( carburant issu des végétaux )

Il possède des parts dans l’alimentation animale , dans les semences, dans la sélection des animaux et quantité de produits sous l’apparence d’huile de table, carburants pour voitures, lessives, lubrifiants et cosmétiques …
Il est président du Grand Port Maritime de La ROCHELLE car il aime la voile !

Voici la conclusion de Fabrice NICOLINO :

« Une autre histoire était possible, Un autre monde reste à construire » !

 

Le second livre

DES LÉGUMES EN HIVER: Produire en abondance même sous la neige

par Eliot COLEMAN Éditions ACTES SUD

« Ce qui intéresse les grimpeurs comme les agriculteurs, c’est d’aller vers toujours plus de simplicité et d’élégance pour résoudre une difficulté. »

Le credo de Éliot Coleman : une nourriture de qualité est indispensable pour le bien-être des hommes et des animaux :

« Nous devons faire en sorte d’apporter le plus grand soin et le plus grand savoir faire à l’orchestration des processus naturels afin que les aliments contiennent tout ce qu’ils doivent contenir selon les plans de la nature. »

Pour résumer le livre en quelques mots je dirai que l’hiver la nature est au repos. Pour avoir des légumes l’hiver, il faut donc jouer entre la possibilité de protéger les légumes d’automne le plus longtemps possible, de les semer en août, septembre ;

et d’étaler les semis pour les légumes de printemps en les protégeant le mieux possible. Une sélection de légumes est donc choisie qui résistera bien aux gelées.
La protection se joue grâce aux tunnels et même aux doubles tunnels, ce qui permet grâce au soleil d’hiver, de garder une température relativement douce.
Le sol est l’élément clef : d’où un travail sur le compost et un profond respect des micro-organismes.

L’exemple type est celui des jardins parisiens du 19ème siècle.

Aujourd’hui encore et depuis 40 ans, l’auteur expérimente le choix des plantes afin de mettre en vedette des légumes différents à chaque saison: les légumes d’hiver font partie d’un cycle de production s’étalant sur l’année entière.

La biologie du monde végétal offre autant de solutions que la technologie horticole avec ses voiles non tissés et ses tunnels plastiques !

Le rêve d’ Eliot COLEMAN serait de voir se créer des magasins appelés « Sain des Sains » privilégiant un choix de nourriture de qualité.

Un livre plein de détails mûrement expérimentés , à consulter au jour le jour, conseillé fortement par Charles et Perrine HÉRVÉ-GRUYER.

Brigitte